L’approche « Agile » le vrai du faux

N.B : cet article a pour objectif de faire découvrir ce qu’est Agile, de lever pas mal interrogations et d’ouvrir sa réflexion sur cette approche méthodologique (par rapport à ses propres expériences ou échanges).

Malheureusement on lit et on entend un peu n’importe quoi à ce sujet, dans certains événements professionnels, sur le net et quelquefois dans la presse. Si je lançais un peu test en ligne, vous seriez étonné de la perception des participants à ce sujet (on le fera une autre fois, promis).

1 – Agile c’est quoi et à quoi ça sert ?

  • Élaborée en 2001 aux USA, l’approche « Agile » est une manière de faire du développement informatique adaptée à un environnement incertain et très changeant. Le saviez-vous, sincèrement ?
  • On parle d’environnement suffisamment incertain et très changeant pour que les approches traditionnelles et classiques (prédictive, en cascade, cycle en V, PMI, Prince 2, etc.) ne soient pas utilisables, au risque d’aller vers un échec certain.
    Lorsqu’on écrit « approche adaptée« , on parle bien sûr de réussite (atteinte de résultats attendus dans le temps et avec les ressources disponibles). Avez-vous une définition fiable de la réussite d’une activité ?
  • L’approche « Agile » se définit par l’adoption de 4 valeurs principales de fonctionnement et de 12 principes sous-jacents associés définis dans un manifeste créé par 17 experts en la matière (Manifeste Agile). Une approche recentrée sur la valeur produite, l’humain, la collaboration et la communication.
  • Les 17 signataires du Manifeste Agile appartiennent à la communauté des créateurs des méthodes et bonnes pratiques servant de base à l’analyse et au développement informatique (UML, etc.). C’est là que l’on parle de méthodes agiles (Scrum, eXtrem Programming, DDT, RUP, etc), celles portées par les signataires du Manifeste Agile.
  • Une exception toutefois pour Scrum qui n’est pas une méthode à proprement dit mais un cadre de travail  ou « framework« , proposant des règles particulières de fonctionnement, des rôles, des événements et quelques artefacts (éléments de gestion produits et alimentés par l’homme (et/ou la femme). 
  • Par extension, ces manières de travailler (principes de haut niveaux) et de s’organiser ont trouvé écho dans d’autres types d’activité que le développement informatique. L’agile s’étend donc au delà du domaine informatique, avec réussite (cf Thèse Prof.  Agile et secteurs d’activité – T.Secqueville 2012).

Voila, on sait ce qu’est Agile et à quoi cela sert 😉

2 – Activité ou projet agile ?

Dans le manifeste Agile original (en anglais) il n’est nul question de projet (ou alors une mauvaise traduction française encore trop courante) mais on pourrait envisager certains liens avec la gestion de projet informatique, dans le domaine de la gestion d’activité, de la performance et de la qualité.

Les différentes méthodes agiles s’appuient en grande partie sur des outils méthodologiques ayant fait leurs preuves (Kaïzen, PDCA, Kanban, etc.) et issus du Lean ( TPS, système de production de Toyota créé en 1948), signifiant « Gestion de production sans gaspillage  » et visant l’élimination totale du gaspillage. Voila entre autres pourquoi Agile est une approche basée sur la qualité et la performance.

Les outils du Lean (Kanban, etc.) sont principalement des outils de gestion de production (donc d’activité). C’est une des raisons qui peut soulever des problèmes lorsqu’on pratique une activité de développement logiciel (donc pas en mode projet) en approche « Agile » et que le management demande un diagramme de GANTT. C’est un problème qui remonte souvent avec des équipes Scrum sur le terrain. Cela ne peut pas fonctionner ensemble. ;-(

Certaines méthodes Agiles semi-itératives (RUP, ASD, etc.) concernent elles la gestion de projet. En pratique, ces méthodes devraient être plus souvent étudiées et mises en oeuvre dans le cadre d’une gestion de projet en approche « Agile ».

Voila, on sait maintenant qu’Agile peut concerner la gestion d’activité et / ou la gestion de projet informatique, mais les méthodes ne sont pas les mêmes (mais certains outils, oui) 😉

3 – La différence entre Agile et le Lean ?

Sans trop se tromper et globalement, on peut considérer qu’Agile est une émanation du Lean en incorporant les aspects humains, collaboratifs et de communication nécessaires à de meilleurs résultats, à partir des années 2000. A partir de la fin des années 1990, les problématiques évoluent dans un contexte très changeant et incertain (développement du réseau Internet, apparition des start-ups, etc.)

4 – Agile et le jeu ?

S’intéressant à l’humain et à sa motivation au travail, Agile utilise les mécanismes du jeu pour rendre plus motivantes certaines activités du quotidien et l’apprentissage des éléments constituant Agile (valeurs, principes, méthodes, etc.), tout en favorisant l’UX (expérience utilisateur). Le jeu touche à l’émotionnel et l’émotionnel favorise la mémorisation à long terme.

Le principe de gamification consiste généralement à transposer une ou plusieurs problématiques dans un autre univers (métaphore) plus lié au domaine du jeu (construction d’un château fort, d’une ville, d’un objet plus ou moins complexe).

Les nombreuses rétrospections permettent d’échanger, d’analyser et d’apprendre. In fine, les participants sont ensuite ramenés à transposer les solutions et méthodes expérimentées dans leur univers professionnel.

Une autre technique consiste à utiliser les processus d’activité ludique existants utilisés en coaching (Speed-Boat, Jeux de Thiagi, Innovation Games, etc.).

Voilà, on sait pourquoi le jeu est une des constituantes d’Agile 😉

5 – Le vrai / faux sur Agile ?

Agile, ce n’est pas :

  • Travailler sans plan
  • Abandonner tous les outils
  • Refuser d’écrire des documents
  • Ignorer la qualité
  • Faites vite et sale
  • Développer des maquettes ou des prototypes

Agile, c’est  :

  • Une approche basée sur la qualité, pour une meilleure réussite
  • Préférer la communication
  • Faites confiance au produit
  • Respect mutuel entre le métier (client) et le développeur
  • Favoriser et accepter le changement
  • La discipline
  • Des logiciels testés (ou par extension des livrables), robustes et prêts à mettre en production

Vous voila, à présent, mieux armé et informé concernant l’approche Agile 😉

Vous sentiriez-vous d’attaque, à partir de maintenant, pour vous lancer dans un petit Quiz en ligne pour tester votre nouvelle perception d’Agile ?  

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